jeunes_banlieue_web200Comme je vous l'ai dit il y a un mois, je suis maintenant formatrice en insertion professionnelle. Je vous avais promis des nouvelles, et bien en voilà.

J'ai en charge un groupe de jeunes (17/25). Je dois les guider vers un projet professionnel, leur expliquer la vie, gérer les heurts, les fragilités, et les envoyer faire des stages en entreprise. Cette dernière tâche nous a pris pas mal de temps et ne s'est pas effectuée sans difficulté. Mais ils en ont tous trouvé un. Pas forcément dans le secteur de leur rêve, mais ça ça s'appelle le concept de réalité. Il est parfois difficile de comprendre que pompier, maitresse, pilote de chasse, c'est chouette, mais pas réalisable pour tout le monde. Ils me parlent avec des airs de dur a cuire, de caïd des banlieue. Vraiment, ils, elles, roulent des mécaniques, parlent fort, disent des gros mots, et cette effrayante carapace fond devant un peu d'attention, d'humour et de tendresse. Cet après midi, Il y en a un que j'ai grondé, c'est vraiment le mot, parce qu'il ne se donne pas les moyens de faire ce dont il est capable. Il regardait par terre avec une tête butée. J'ai pris le téléphone et je lui ai trouvé un contact. Il a rendez vous lundi. Je lui ai donné ses instructions etlui ai dit que s'il ne revenait pas avec sa convention signée, je le mettrai sur mes genoux et lui administrerai une bonne fessée. Il m'a d'abord regardé interloqué, et comme il a vu que je lui souriais, son visage s'est ouvert, et il m'a dit sur le ton déterminé d'un enfant de 5 ans, qu'il reviendrait avec. Le petit père! Vous le croiseriez dans le RER, votre main se refermerai sur votre sac en vous demandant s'il ne va pas vous l'arracher.  Je vous le dit! cromignon!
Dans le même genre, il y en a un autre, qui lors d'une simulation d'entretien, à ma question sur ses loisirs me répond : -"Je ne sais pas si je peux vous en parler..." - "Ah bon? Pourquoi? Vous faites un sport de combat?" -"Du feat boxing" me dit il avec l'air d'un petit garçon  pris en faute. (C'est un grand lascar, assez balaise). A la fin de l'entretien, je lui dit que s'il ne veut pas évoquer ce sport, il ne doit pas en parler du tout, ou alors dire qu'il fait de la danse... Il  s'est levé d'un bon, prêt a se récrier!!! Puis il m'a regardé et il a compris que je plaisantais. Ca l'a complètement désarmé. Il est resté un moment bouche bée. J'ai continué à lui sourire alors il s'est assit, et lui aussi a souri. Streat figter 3 n'était plus qu'un gosse. Je vous le jure, ils sont vraiment mignons! Enfin, cette après midi, je les ai tous reçu en tête à tête. C'était attendrissant de les voir, un par un, m'expliquer combien ils avaient eu peur de moi, au début, que maintenant ils m'aimaient bien et qu'ils avaient peur de se lancer. Je leur ai bien évidemment expliqué que ces deux peurs étaient les mêmes, qu'elles étaient normales, mais qu'il ne fallait pas qu'ils se laissent impressionner. La seconde comme la première allait passer, elle aussi. Alors au revoir,  bonne chance et a bientôt. ;)